C’est le grand jour, nous devons partir de notre luxueux appartement payé par la compagnie de Charmant pour nous installer dans notre petit nid douillet. Ce passage d’un côté à l’autre, ne signe pas forcément la fin d’un logement luxueux mais surtout la fin d’un logement relié au monde, comprendre connecté à Internet.

Encore aujourd’hui, je me suis acharnée à savoir si notre appartement était équipé ou pas d’une ligne téléphonique. D’après mes précédentes recherches, l’appartement n’en possède pas, ce qui m’étonne pour un ancien hôtel. Je suis d’autant plus étonnée quand je vois les offres pour les derniers appartements qui servent d’hôtel dans le building, qui eux ont accès à une connexion Internet. Cette connexion est un véritable mystère.
Je décide tout de même de recontacter encore une fois Post Office, qui se partage le marché avec BT (British Telecom), pour être certaine qu’il n’y a pas de ligne téléphonique et pour en même temps faire la demande d’installation. Tout se passe bien, l’opérateur trouve bien l’adresse… mais il ne trouve pas l’appartement en lui-même, il est donc dans l’impossibilité d’enregistrer ma commande pour faire venir un technicien pour qu’il mette en place une ligne. Le problème, c’est qu’aujourd’hui, c’est le dernier jour où je dispose d’un téléphone, donc lorsque l’opérateur me dit qu’il va me rappeler ultérieurement pour voir avec son supérieur pour enregistrer mon adresse avec mon numéro d’appartement, ça part plutôt mal parti. Bref, la mission est donc revenue à Charmant. Il doit regarder ma boite mails pour voir le retour de l’opérateur et ensuite le recontacter pour cette fois ci qu’il puisse enregistrer notre demande. Bref, encore une péripétie qui me prend beaucoup de temps pour peu de résultat au jour le jour.

Une fois, le téléphone raccroché, je décide d’aller faire un premier voyage au nouvel appartement pour apporter une grosse valise pleine. J’en ai deux à porter aujourd’hui. La première est lourde mais j’arrive tout de même à la mener à l’appartement, à tout ranger et à repartir presque aussi vite pour apporter la seconde valise. Ca y est ! avec ces deux allers-retours, j’ai brulé plus de calories que quand je vais à la salle de sport. Je profite de passer à l’appartement pour me renseigner auprès du concierge sur où se trouve la clef de la boite aux lettres. Il m’envoie chez un serrurier du quartier, mais c’est sans succès. Je sens que cette clef de boite aux lettres va encore une fois de plus me faire tourner en bourrique. Surtout que nous en avons vraiment besoin puisque nous allons recevoir pas mal de courrier, notamment dû au changement de noms des différents contrats inhérents à l’appartement. Bref, c’est un problème à régler au plus vite mais qui s’avère compliqué. Enfin, il est clair que je n’ai pas le temps de m’ennuyer et qu’en plus côté « pratique de l’anglais » je suis gâtée.

De retour à la maison, je profite de mes derniers moments Internet pour récupérer les adresses des agences de recrutement pour que je pense aller les visiter la semaine prochaine. Il faut que je commence à tâter le terrain de l’emploi. J’espère que le marché est moins paralysé qu’en France et que je pourrais rapidement trouver un emploi pour rencontrer d’autres personnes, pour améliorer mon anglais, et surtout ce serait une hypocrisie de ne pas l’admettre, de gagner de l’argent pour se construire une vie agréable.
Quelques heures plus tard, Charmant est de retour mais il n’est pas vraiment décidé à partir. Je propose un Mc Do pour tenter de le motiver. Il accepte avec joie mais une fois de retour à la maison, je n’arrive pas à le décrocher de son ordinateur. Il se demande comment il va survivre sans Internet, comment va-t-il faire pour savoir ce qui se passe dans le monde, comment va-t-il suivre l’avancer de ses jeux vidéo ???… il parait désemparé, mais on doit partir.

Il finit par dire au revoir à son ordinateur et nous voilà en route pour notre énième déménagement, celui-ci est le dernier avant au moins huit mois. Nous partons chargés. Même si j’ai déjà fait trois voyages pour amener la plupart de nos affaires, il y en a encore beaucoup à emmener. Bref, nous sommes chargés comme des bourricots, la route nous semble longue mais nous arrivons tout de même à bon port. Une bonne douche s’impose, je déballe les valises et ensuite je tente de faire le lit.
Faire le lit, encore toute une épopée. Je n’arrive pas à mettre le drap du dessous. J’appelle Charmant en renfort, il est déjà penché sur son PC portable à la recherche de réseau Wifi non sécurisé… on ne sait jamais que par magie, il puisse de nouveau avoir Internet J.

Il vient m’aider et là nous n’arrivons toujours pas à mettre en place le drap… je vois bien déjà poindre au creux de vos lèvres un petit sourire moqueur… mais ce n’est vraiment pas marrant ce qui nous arrive. Surtout que nous arrivons à la désagréable conclusion que le drap est trop petit et que les matelas anglais ne sont pas de la même taille que les matelas français, ils sont beaucoup plus grands. Nous nous retrouvons donc avec un lit, on ne peut plus grand pour deux crevettes comme nous, sans drap du dessous. On tentera d’en acheter un ce weekend. Décidément ces anglais ne font rien comme nous. Est-ce nous qui sommes hors-norme ou est-ce que ce sont eux ?

La nuit commence donc déjà mal, mais bon nous nous mettons tout de même au lit. Et là, le cauchemar continue, nous entendons des voix, je me demande bien d’où ça peut venir puisque les nombreuses fois où je suis venue dans l’appartement, j’ai toujours été étonnée par le calme…. Je tends l’oreille, pour vite comprendre que nous entendons les voisins discuter à travers le mur de la chambre. Les chambres sont collées l’une à l’autre. Tout ce que nous espérons c’est que c’est deux personnes ne tardent pas à se coucher, il est déjà minuit passé, et nous aimerions bien dormir.

Après un petit moment, le bruit de la chambre d’à côté s’arrête. Et là, nous sommes abrutis par le réfrigérateur, nous avons l’impression qu’il est toujours en train de refroidir alors qu’il est branché depuis samedi, ce qui fait qu’il a eu largement le temps de se mettre à température. Je décide donc d’aller fermer la porte de la cuisine, mais le bruit persiste.
Je me tourne et me retourne dans le lit, prise d’angoisse sur le possible mauvais choix que j’ai pu faire en louant cet appartement. Et si, nous n’arrivions pas à nous habituer à tous ces bruits…. En train de me lamenter, je suis surprise par des gyrophares d’ambulances et must du must par les avions. Il semblerait que nous soyons gâtés : nous avons une ligne d’avions, plutôt très fréquentée, qui passe au dessus de notre immeuble…. Mes doutes concernant mon petit nid douillet parfait se confirme. Fatiguée, je finis tout de même par m’endormir et je rêve que nous rendons l’appartement pour en trouver un autre… c’est encore le calvaire de la recherche… je ne me souviens pas de la fin du rêve mais bon toute la nuit, je mettais fin au bail de l’appartement.

Charmant a aussi passé une nuit agitée, de son côté, nous étions en colocation (je pense que ça lui ai venu du fait que nous entendions les voisins. Enfin il y a au moins un bon point, c’est que nous ne sommes pas encore assez forts en anglais pour comprendre ce qu’ils racontent, ce qui fait que ça fait juste pour nous un bruit de fond). Revenons à Charmant et son cauchemar. Il était donc en colocation, une chambre avait brulée et il en était arrivé au même point que moi dans son rêve : il cherchait un nouvel appartement.
Après un telle nuit, le réveil fut difficile dans un sens puisque nous n’avons pratiquement pas dormi de la nuit, mais facile d’un autre côté, parce que nous sommes restés éveillés une bonne partie de la nuit et que l’on ne peut pas dire que nous ayons été « réveillés » par le réveil.
Je pense qu’il va falloir que l’on prenne nos marques dans notre nouvelle maison. J’espère que l’on va y arrivait rapidement et qu’une petite routine va bientôt pouvoir s’installer.
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